Oui, je sais, ce n’est pas bien. Mais je n’ai pas le choix. Parce que les deux candidats qui se sont placés au deuxième tour dans ma circonscription sont un candidat UMP et un candidat FN (résultats là). Et il est hors de question que j’aille voter pour un UMP (qui plus est plutôt extrème) pour faire barrage.

Surtout que si on en est arrivés là, c’est la faute à 2 dames du PS.

Il y avait un candidat officiel PS-EELV qui avait toutes ses chances, mais 2 candidates dissidentes du parti socialiste se sont crues obligées de se présenter. Le résultat est sans appel : les 3 candidats PS/dissidents ont totalisés un score supérieur à celui du candidat UMP. Mais éparpillé. Du coup, aucun candidat de gauche au deuxième tour. Et maintenant, les 2 dissidentes appellent à voter à droite pour contrer le FN.

C’est pas complètement ridicule ? En tout cas, je refuse de participer à cette mascarade et d’élire un candidat « par défaut », comme on l’a déjà fait en avril 2002.

Et lundi je vous parlerai de Ray Bradbury, promis.

[Mise à jour 18/06 : Finalement je suis allée voter, blanc. Et le taux de blanc ou nuls atteint les 15% dans ma circonscription. Joli record.]

Bisous.

-Clémentine

Bleu. Ou bleu.

Publicités

Epargner autrement

18/05/2012

Vu la nuit dernière sur Canal+, le documentaire intitulé « Moi, la Finance et le Développement Durable » (site officiel, liste des diffusions sur Canal+). L’idée de base est bonne : une ménagère de moins de 50 ans s’interroge sur ce que devient son argent une fois placé sur le livret que son conseiller bancaire lui a proposé.

S’ensuit une enquête dans les coulisses des banques, avec plein d’interviews intéressantes, et où l’on apprend notamment que les grandes banques françaises financent des projets qui ne sont pas du tout durables voire très polémiques. Mais ça on le savait déjà. Quelques petites touches humoristiques pendant le documentaire, et quelques pistes alternatives (l’ISR, investissement socialement responsable), mais au final pas grand chose à dire du documentaire, un peu l’impression qu’il tourne en rond.

Cela n’empêche pas de se poser les bonnes questions : à quoi servent les 1000 euros que vous avez déposés il y a quelques mois sur votre livret ? Sont-ils utilisés pour financer des marchands d’armes ? Des projets complètement délirant sur le plan écologique ? Etc.

Et surtout : si tout le monde, même les petites gens, se mettent à demander à leur banquier à quoi sert l’argent qu’ils donnent à leur banque en échange d’un petit pourcentage d’intérêts, aurons nous les réponses ?

En attendant, on peut agir et aller faire un tour par exemple sur le site du Crédit Coopératif et constater que oui, il existe des livrets d’épargne qui servent à être utiles, des cartes bleues qui aident des associations, et ça remet un peu d’humanité dans le monde de la finance.

Bisous.

-Clémentine

Agir, même à notre niveau

Le but principal de Priceminister, en tant que vendeur, c’est de gagner de l’argent. Mais il est tout à fait possible aussi d’en perdre.

Hein ? Quoi quoi ? Mais qu’est ce qu’elle raconte ?

Je m’explique.

La plupart des livres de poche sont vendus à 90 centimes, correspondant au prix minimum imposé par Priceminister. Pas tous, certes, mais une bonne majorité, la faute aux prix tirés par le bas pour pouvoir espérer vendre, parce que personne n’achèterai un livre de poche d’occasion à plus de 3 euros. Il suffit donc qu’il y ait une petite dizaine de vendeurs d’un même bouquin pour que le prix, petit à petit, se fixe sur ces 90 centimes.

L’acheteur paiera 3,80 euros car il faut y ajouter 2,90 euros de frais de port.

Le vendeur, après la commission de Priceminister, récupérera 0,36 euros sur le prix du bouquin. Et un forfait de 2,20 euros pour les frais de port. Priceminister se sucre donc 2 fois au passage : sur le bouquin et sur les frais de port.

Le truc c’est qu’il est impossible d’envoyer un livre par La Poste pour 2,20 euros. Pour un livre de poche classique (petit), il vous en coûtera 2,40 euros au tarif lettre ou 2,50 euros en tarif mini-max. Le gain net de la vente sera donc de 0,36 + 2,20 – 2,40. Soit 16 centimes. Déduisez le prix de l’enveloppe, le prix de la feuille et de l’encre pour imprimer le papier à joindre au bouquin et le temps passé pour aller à La Poste. Vous perdez de l’argent.

Si le livre de poche est un poil plus gros (300 pages par exemple, ce qui n’est pas si énorme), vous perdrez même encore plus car La Poste vous réclamera plus de 3 euros de frais de port.

Oui mais si l’acheteur me prend 7 livres d’un coup ?

Effectivement, on pourrait croire qu’avec un panier multiple on gagne un peu plus. En fait c’est l’inverse car les frais de port sont dégressifs tandis que les tarifs de La Poste explosent.

Pour chaque livre supplémentaire, Priceminister réclame 1 euro de frais de port en plus à l’acheteur. Et ils vous reverseront 0,65 euros. Là encore, sucrage au passage.

Pour 7 livres, le calcul du gain net est donc le suivant :

(0,36 * 7) + 2,20 + (0,65 * 7) = 9,27 euros

L’acheteur aura payé :

(0,9 * 7) + 2,90 + (1 * 6) = 15,20 euros

Le problème est que ces 9,27 euros inclus la participation aux frais de port de Priceminister. Et vous ne pourrez pas envoyer les 7 livres au tarif lettre. Et un Colissimo coûte au minimum 7 euros… Ajoutez le prix du carton, le temps passé à protéger les livres (parce que vous voulez quand même que l’acheteur vous mette une bonne note) et le temps pour aller à La Poste. Il ne vous reste plus grand chose.

Alors ? On fait quoi ?

Et bien on râle.

Mais vous ne pouvez pas râler contre les acheteurs, ils n’y sont pour rien, ils ont payé le prix « fort » et n’en ont que faire de vos reversements.

Et vous ne pouvez pas râler non plus contre Priceminister car ils s’en fichent. Ils ne répercutent pas les augmentations de La Poste, ils prennent leurs commissions sur les deux tableaux et ne vous répondront même pas si vous leur dite qu’un livre de poche de 500 pages c’est pas comme un livre de 200 pages.

Plusieurs solutions donc :

– Augmenter les prix et refuser de rentrer dans le jeu du plus petit prix. Sur certains livres où il y a déjà 500 annonces à 90 centimes, vous ne vendrez jamais, mais sur certains, avec une annonce un peu plus sexy, une garantie d’envoi en 24h et une bonne note des acheteurs, vous arriverez à vendre votre bouquin à 1,50 euros, voire plus. Ce qui donne quand même une petite marge.

– Passer des annonces ailleurs, sur le bon coin, amazon market place, etc. Ou alors donner simplement vos livres à une bibliothèque ou une association, quitte à perdre de l’argent autant que ce soit pour la bonne cause et pas seulement pour enrichir les caisses de Priceminister et de La Poste. Autres solutions : les laisser dans un train, un café, en bas de l’immeuble…

– Proposer l’envoi en relais colis. CpourToi, l’offre pour les particuliers de MondialRelay, est moins chère que La Poste (avec le code promo « CPOURTOI » vous aurez même 5% de remise). Ce n’est pas proposé par Priceminister mais vous pouvez toujours contacter l’acheteur pour lui proposer. En jouant sur le côté « plus sécurisé, plus rapide et plus pratique que La Poste », ils accepteront de bon coeur et ils vous remercieront même de l’avoir proposé sans se douter que vous ne l’avez fait que pour gagner 2 ou 3 euros de plus. Ainsi tout le monde aura eu l’impression de faire une bonne affaire.

– Devenir acheteur. Pour 15 euros vous pourrez acheter 7 livres de poche et imaginer la tête du vendeur qui se dit dans un premier temps « whaou, une commande de 7 articles » puis dans un deuxième temps quand il voit le reversement « oh putain, je me suis fait avoir ». Vous verrez, c’est plutôt jouissif.

Notez cependant que Priceminister n’est pour rien dans toute cette histoire, les conditions de vente et les frais de remboursement sont clairement établis et présentés dès le début et lors des mises en vente. Il appartient donc, comme je le disais plus haut, aux vendeurs d’arrêter de fixer des prix absurdes à la baisse et de calculer pour chaque livre le prix idéal pour gagner un peu d’argent, frais de port compris.

Bisous.

-Clémentine

Lire pas cher sur Priceminister

Début de la parenthèse. Le titre du billet est un hommage à deux gars de ma période BTS, deux gars qui racontaient toujours tout et n’importe quoi en ayant tellement l’air d’être sûrs d’eux qu’ils devaient réussir à se convaincre eux même d’avoir raison. On les appelait Pipo et Fluto. Fin de la parenthèse.

L’équipe d’Owni en partenariat avec itélé a mis en place le véritomètre des candidats à la Présidence de la République.

Le but : analyser tous les discours/interviews de nos chers candidat(e)s et les vérifier, afin de détecter les mensonges, les approximations et les vérités. Tout est expliqué, compilé et présenté sous une jolie forme.

On s’en doutait (mais ça fait du bien de la rappeler) la reine du « je vous embrouille en racontant des conneries plus grosses que moi » est Mme Le Pen avec tout juste un peu plus que 40% de vérité.

Là où je suis étonnée, c’est que Mr Bayrou qui donne pourtant souvent des exemples chiffrés et propose régulièrement des démonstrations qui semblent réalistes, ne fait pas beaucoup mieux qu’elle.

Messieurs Hollande et Mélenchon sont plus ou moins dans le même bateau autour de 60% de vérité, tandis que le président sortant peine à arriver à la moyenne.

Mme Joly caracole en tête avec presque 70% de vérité. En même temps, on ne l’entend pas souvent parler, donc elle a moins de chance de se planter.

Mais si les résultats sont somme toute sans grande surprise, ce qui me surprend le plus c’est que aucun ne fasse mieux que 70%. Certes on ne peut pas leur demander de tout connaitre avec précision sur tous les sujets, mais il serait plus judicieux de leur part, quand ils ne savent pas, de l’avouer plutôt que de sortir une énormité. Ce serait plus humble, plus honnête, limite touchant.

Là, tout ce qu’il en ressort, c’est comme d’habitude, qu’ils nous mentent (et qu’ils nous spolient).

Le véritomètre est mis à jour régulièrement, donc ça va peut être évoluer. Mais en tout cas, moi, je ne sais toujours pas pour qui voter.

Bisous.

-Clémentine

Allez hop, on retourne au vestiaire

Bad teachers

01/02/2012

Hier, grève des profs/instits/enseignants. Les intentions sont louables, je ne conteste pas.

Mais dans mon petit village, les 3 enseignants (ainsi que les personnes qui les aident pour les tout petits) avaient fait passer un mot le lundi pour dire qu’ils seraient malades jusqu’à jeudi. Comme j’ai passé le week-end à vomir sur mon canapé, je peux y croire un peu, mais quand même, c’est un peu fort.

Dans le village de Tata Simone, l’enseignante a fait passer un mot pour dire qu’elle ferait grève mais finalement le lendemain elle était là, sans enfants du coup.

Dans les deux cas, belle opération, les enseignants restent chez eux (ou tranquille sans enfants) tout en ne voyant pas leur salaire réduit par une journée de grève. Bravo, bel esprit.

Mais au final, servent-ils vraiment à la cause ? Ils ne seront pas comptabilisés comme grévistes, donc le message à faire passer est quasi nul. Donc l’intérêt c’est juste profiter d’une journée pour glander gratos ? Si oui, bravo, bel esprit².

Bisous.

-Clémentine

Bad teachers

Fidèle usagère, je ne suis pas du genre à casser du sucre sur le dos de la SNCF. Je tolère les petits retards quotidiens, et même les incidents. De toutes façons, je n’ai pas le choix, j’ai une voiture et j’adore conduire, mais au quotidien c’est vraiment fatiguant donc en règle générale j’ai plutôt tendance à dire merci à la SNCF.

Sauf que.
Sauf que de temps en temps, ça dérape.

Comme quand les contrôleurs sont très bavards au départ du train puis, quand le train commence à prendre du retard se font de plus en plus discrets pour finir complètement enfermés dans leur cabine quand le train arrive avec 30 minutes de retard, sans explications ni excuses.

Comme quand, après 3 ans de travaux (l’inauguration est prévue en mars), la Gare Saint Lazare semble de plus en plus s’orienter vers un labyrinthe de boutiques avec des escaliers et escalators pas prévus pour gérer le flux des voyageurs mais bien pour nous obliger à passer devant les futures enseignes commerciales.

Comme quand, pour cause de travaux, tous les trains sont avancés d’une dizaine de minutes au départ pour ne pas changer l’heure d’arrivée, mais uniquement dans le sens Paris-Province et pas toujours du même nombre de minutes, ce qui oblige à changer toutes ses habitudes. Lors des derniers travaux les trains accusaient un retard de 10 minutes à l’arrivée, mais sans changer l’heure de départ ce qui à mon sens est quand même bien plus logique.

Comme quand on se rend compte que la Normandie (Rouen et les gares entre Paris et Rouen) ne sont plus desservies après 20h20 (soit 20h11 pendant les travaux sus-cités) sur les nouvelles fiches horaires. Fini le 21h20 qui permettait des réunions un peu tardives. Fini le 23h20/23h50 qui ramassait tous les retardataires et permettait des soirées cinés ou des diners sur Paris.

Le dernier train part donc maintenant vers 20h. Le suivant est fièrement affiché à 6h11. Autrement dit, on ne peut plus finir à 19h30 à La Défense ou dans le sud de Paris et rentrer chez soi à Rouen. Je n’ose imaginer le nombre de personnes qui se retrouvent dans une impasse, faute de pouvoir rentrer après 20h.

Pour toutes ces raisons, de nombreuses personnes vont (ou ont déjà dû) reprendre leur voiture. Et qui dit voiture, dit pollution. Et stress dans les bouchons. Et arrivée tardive et épuisée chez soi.

Le train, c’est bien, on peut y dormir, y bouquiner, ou juste ne plus penser à rien et observer ses voisins.

Mais quelque part, dans un bureau, d’autres gens prennent des décisions absurdes et impactant plein d’autres gens. Sans excuses ni explications.

Donc oui, là je tape sur la SNCF. Parce qu’elle ne nous fait plus préférer le train.

Bisous.

-Clémentine

Voyager autrement

C’est mon billet précédent parlant de l’écopli qui m’ a fait penser à cette petite astuce de La Poste pour nous faire dépenser moins tout en nous faisant dépenser plus.

Celle ci a lancé il y quelques semaines, à grand renfort de publicités, de communiqués de presse et de jeux concours, son « timbre vert » : le timbre écolo qui ne prend pas l’avion, contrairement au timbre rouge.

Ce qu’elle oublie de préciser, c’est qu’il y a aussi, depuis des années, un autre timbre qui était de couleur verte (claire), l’écopli, c’est à dire le tarif économique, qui lui non plus ne prend pas l’avion. Ce timbre économique est devenu gris pour l’occasion.

Alors certes on parle là d’une différence de quelques centimes : le timbre classique coûte 0.60 euros; le timbre vert coûte 0.57 euros; l’écopli coûte 0.55 euros.

Mais c’est quand même du bel enfumage tout ça.

Bisous.

-Clémentine

Entre vert clair et vert foncé